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06Oct 2011
Exposition

Arnulf Rainer / Victor Hugo. Surpeintures Du 6 octobre 2011 au 15 janvier 2012

Arnulf Rainer, Sans titre, 1998-1999 © Arnulf Rainer. Photographie : Jean-Louis Losi (c) ADAGP, Paris 2011

Arnulf Rainer est une figure majeure de la scène artistique contemporaine autrichienne internationalement reconnue.

Son travail issu de l’expressionnisme s’est d’abord appliqué à sa propre image, avec les autoportraits photographiques rageusement raturés par le geste du peintre de la série des Faces Farces, qui demeure la part la plus célèbre de son œuvre. Boulimique d’images, hanté par la peur du vide, il a étendu son champ d’intervention aux œuvres d’artistes anonymes ou de grands maîtres anciens ou modernes dont il recouvre divers types de reproductions (photographies, photocopies, pages de livres directement arrachées…). En 1998, il commence à travailler à partir de dessins de Victor Hugo, recouvrant les œuvres du poète de peinture suivant sa pratique caractéristique de la « surpeinture » (Übermalungen). Il agrandit des détails, inverse certaines images, accompagne et transforme le geste de Hugo qui a précédé le sien. Ces œuvres conservées dans l’atelier de l’artiste n’ont été à ce jour que partiellement montrées au public.

La Maison de Victor Hugo a choisi une soixantaine de « surdessins », qui seront présentés aux côtés de certaines des œuvres « source » de Victor Hugo appartenant au très riche fonds du musée. D’autres dessins de Hugo qui dialoguent avec les œuvres de Rainer seront exposées. Afin d’appréhender le travail de l’artiste dans sa diversité et d’en restituer l’identité profonde, cet ensemble sera complété d’une quarantaine d’œuvres provenant d’autres séries participant de cette même démarche : autoportraits de Rembrandt et de Van Gogh, figures énigmatiques d’Odilon Redon, paysages de Friedrich et de Corot, nus de Rodin.

Dans chacune de ces œuvres on retrouvera cette expression angoissée du rapport au sacré, cette volonté de renaissance dans l’élaboration apparente et délibérée d’un chaos formel. Car, paradoxalement, en utilisant les œuvres des maîtres comme matériau et en détruisant leurs propositions formelles, les griffonnages irrévérencieux de Rainer, par leur graphisme libérateur, s’inscrivent dans la tradition picturale. C’est aussi dans une problématique propre à la modernité que s’inscrit l’« Übermalungen » ou « surpeinture » d’Arnulf Rainer. Malmenée, bousculée, sans cesse remise en question par les avant-gardes qui se sont succédées au XXe siècle, la peinture semble ne plus pouvoir s’affirmer aujourd’hui que dans un mouvement d’autodestruction, ou un élan dialectique contre une autre peinture.

Ainsi, à travers l’œil et le geste de l’un des grands artistes contemporains, le musée continue de mettre en exergue la modernité de Victor Hugo – en particulier de son œuvre graphique – et l’écho qu’elle suscite chez les artistes d’aujourd’hui, mission qu’il s’est donné depuis les expositions Du chaos dans le pinceau, avec Jean-Jacques Lebel, ou Aubes rêveries au bord de Victor Hugo confiée à Harald Szeemann en 2002.

Un catalogue sera édité à cette occasion avec des contributions de Pierre Georgel et de Laurence Bertrand Dorléac.

Tous les jours de 10h à 18h sauf lundi et jours fériés

Tarif plein : 5 €
Tarif réduit : 3,50 €
Demi-tarif : 2,50 €

Maison de Victor Hugo
Hôtel de Rohan-Guéménée
6 place des Vosges, 75004 Paris