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Jusqu'à ce que le jour vous sépare & Souterrainblues Pièces de Peter Handke au Théâtre du Rond-Point
Peter Handke © Lillian Birnbaum
Du 17 au 25 janvier 2012
Avec André Marcon et Sophie Semin
Lecture dirigée par Christophe Perton
Jusqu’à ce que le jour vous sépare
« Krapp demeure immobile, regardant dans le vide devant lui ». Ainsi s’achève La dernière bande, où Samuel Beckett fige le vieux Krapp face au néant. Chaque année, le jour de son anniversaire, Krapp enregistre un compte-rendu détaillé de son état et de ses agissements durant l'année écoulée. C'est dans cet éternel retour à son passé que réside maintenant sa seule lumière. Il lui faut surtout être encore celui qui, « quand il y avait encore une chance de bonheur, a vécu un instant d'amour ». Peter Handke a écrit en français Jusqu’à ce que le jour vous sépare, texte inédit où le récit reprend à l’endroit où Beckett avait précisément figé le vieux Krapp, mais donne cette fois la parole à sa muse, « la femme dans le bateau presque immobile, sans rame, au milieu des roseaux du lac ou de l'étang-sans-nom sous un ciel étoilé d'été ».
Souterrainblues*
Un « homme sauvage », égaré dans les profondeurs d’un métro naviguant à l’échelle du monde. Clochard solitaire, errant comme un fantôme parmi l’humanité des voyageurs. Il profère, vitupère ou plutôt chante ses imprécations dantesques contre le monde. Cela pourrait résonner comme un manifeste de la misanthropie, une chronique de la haine, une quête éperdue de beauté dans un monde voué à la trivialité, mais l’art subtil du poète qu’est Peter Handke fait de ce blues une ode fulgurante portée par l’humour et la splendeur du verbe où sourd un amour inconditionnel pour la vie.
extrait :
L’homme fauve : « Cessez de lire dans le métro – partout en public, d'ailleurs. À qui vous voulez donner ainsi donner la comédie de la lecture ? Lecture et lieux publics, deux choses qui s’excluent. Et par lecture j'entends la vraie lecture, active. Ce que vous faites, là, avec ces livres entre les mains, c’est tout autre chose que de la lecture. Hé toi, quelle est donc cette lecture qui t’amincit les lèvres, les rend plus minces encore que tu ne les arbores d’habitude. Quelle est cette lecture qui te fait le front ratatiné, plus atrocement ratatiné encore qu'à l'origine, et qui te fait lever un sourcil circonflexe profondément disgracieux, de sorte qu'il paraît – paraît ? paraît ? – plus circonflexe et plus affûté encore que le sourcirconflexe d'un contrôleur fiscal, au lieu que ton front se lisse, réceptif comme seul un front de lecteur ».
*Souterrainblues est traduit de l'allemand par Olivier Le Lay
avec le soutien de la SACD et en partenariat avec France Culture
Le 17 janvier, 18 janvier, 24 janvier et 25 janvier à 18h30, durée : 1h
Théâtre du Rond-Point - salle Jean Tardieu
2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris
Tarifs : 12 € / 9 €