10Déc 2011
Musique / Presse

La Diva dirigera à la Pentecôte le prélude au prestigieux festival d'opéra Le Figaro, 10 décembre 2011

Alexander Pereira, Cecilia Bartoli et Helga Rabl-Stadler à l'Ambassade d'Autriche

Plus fastueux, moins snobe. Telle est l’ambition d’Alexander Pereira pour le Festival de Salzbourg, dont il assume la direction jusqu’en 2016. Le 6 décembre, à l’Ambassade d’Autriche à Paris, le surintendant de l’opéra de Zurich a levé le voile sur sa programmation.

Pour inaugurer son mandat, il a frappé fort en nommant la star Cecilia Bartoli -amie et collègue à Zurich - à la tête du traditionnel prélude au grand rendezvous de l’été : le Festival de Pentecôte, du 25 au 28 mai. La Romaine, que l’on vient d’acclamer à Pleyel dans Semele, s’est dite « honorée de passer après Riccardo Muti et Herbert von Karajan, et encore plus d’être la première femme à occuper ce poste à Salzbourg ».

C’est avec le panache et la virtuosité qu’on lui connaît sur scène qu’elle a conçu le menu de ce coup d’essai en matière de direction. Fidèle à son goût des thèmes originaux, c’est à une femme de légende qu’elle a voulu rendre hommage : Cléopâtre, « femme la plus intrigante et séductrice de l’histoire ».

Cléopâtre, donc. À travers les âges : le baroque, avec une nouvelle production scénique de Giulio Cesare, de Händel, qu’elle chantera aux côtés d’andreas Scholl. Mais aussi la Renaissance avec la pièce de Shakespeare, Antoine et Cléopâtre. Et même le début XXE avec la rare Cléopâtre de Massenet, ici en version concert. Sans oublier l’icône glamour : la manifestation se refermera par un somptueux dîner sur fond de musiques orientales où, promet Cecilia, « on pourra danser ».

Ce week-end n’est qu’un avant-goût de l’été. Pereira a tenu à rappeler le caractère unique du festival d’été de Salzbourg, créé par Hofmannsthal, Richard Strauss et Max Reinhardt avec l’ambition d’offrir des spectacles d’une qualité inégalée. « Pourquoi faire venir des gens du monde entier pour des reprises ? » Le festival proposera de 6 à 7 nouvelles productions d’opéra par an, dont une création contemporaine (Kurtag, Dalbavie, Adès et Widmann ont été sollicités dès 2013). Côté classiques, Harnoncourt fera dès cette année son retour dans la fosse pour une Flûte enchantée sur instruments d’époque mise en scène par Jens-daniel Herzog. On commémorera d’ailleurs le 200e anniversaire de la mort du librettiste, Schikaneder, en recréant une suite de la Flûte écrite pour Peter von Winter : Le Labyrinthe. Suivront Ariane à Naxos, de Strauss, dirigée par Chailly avec le Philharmonique de Vienne (en résidence d’été à Salzbourg) ou encore La Bohême. « Je veux en finir avec le snobisme qui consiste à dire que Puccini n’est pas assez bien pour Salzbourg », dit Pereira. Il a aussi allongé la manifestation d’une semaine pour ouvrir Salzbourg à la musique sacrée. Pour ces projets, le festival, dont le budget est aujourd’hui de 22 millions d’euros, doit trouver 5 millions supplémentaires. Festival de Salzbourg, du 20 juillet au 2 septembre.

www.salzburgfestival.at

Le Figaro, THIERRY HILLÉRITEAU