Actualités

09Fév 2012
Littérature

Soirée-hommage à Werner Kofler Jeudi 9 février 2012 à 19h - Librairie La Cédille

Werner Kofler

En présence de Catherine et Dominique FAGNOT (ÉDITIONS ABSALON), Bernard BANOUN (Traductuer de W. KOFLER) et des écrivains-traducteurs Claro et Jakuta ALIKAVAZOVIC

Disparu le 8 décembre dernier à l'age de 64 ans, Werner Kofler a commencé à publier en revue dès 1963. Auteur d’une quinzaine de récits, de pièces radiophoniques et d’une pièce de théâtre, il est l'une des voix majeures de la littérature autrichienne de ces cinquante derniérs années. Si son goût de l'invective et de l'imprécation lui a valu d’être rapproché de Thomas Bernhard, sa remise en cause des procédés narratifs en fait un digne héritier de Samuel Beckett. Instrument d’investigation d’une mémoire à la fois collective et personnelle, son écriture fragmentaire, parfois proche du collage, est un miroir tendu à la société actuelle, à l'Autriche, microcosme concentrant les errements de la "modernité". Dans la lignée de polémistes viennois comme Karl Kraus, c’est tout autant à la critique du langage qu’à celle de la société que se livrent ses récits.

Les deux premiers volets de son triptyque alpestre, Derrière mon bureau et Hôtel Clair de Crime, son récit Automne, liberté. Un nocturne et sa pièce de théâtre, Caf’conc’ Treblinka, traduits en français par Bernard Banoun, sont publiés aux Éditions Absalon.

"La phrase de Kofler ne se dévide jamais dans la sérénité (…) Dans la cordée dérangeante des écrivains autrichiens, il affiche une subtile association d'alacrité et de virtuosité. Aucun ne met si ironiquement en scène l'outillage de la rhétorique et les finasseries de la narratologie." (J-C Lebrun, L'Humanité)

"Kofler n'est pas seulement l'héritier, revendiqué, de Thomas Bernhard et l'ombre portée du Beckett de Molloy. C'est aussi une machine à dynamiter l'autobiographie, une usine à allusions, un adepte de la logomachie, qui semble reprendre le désarroi kafkaïen pour le plonger dans une nouvelle réalité, encore plus stratifiée, toujours plus traître." (Claro, Le Clavier Cannibale)

"Il s'agit bien ici, dans cette vaste entreprise, de se venger du réel sous toutes ses formes. Proche en cela de Thomas Bernhard ou d'Elfriede Jelinek, il semble que Kofler pousse la vengeance encore plus loin. Il ne s'agit pas d'attaquer ou de se moquer de l'adversaire – le monde existant –, mais de sans cesse le retourner, de le mettre sens dessus dessous, et ainsi de l'annihiler." (L. Margantin, La Quinzaine Littéraire)

LES INTERVENANTS :

Catherine et Dominique FAGNOT dirigent les ÉDITIONS ABSALON qui, outre l'intégralité des oeuvres de Werner Kofler traduites à ce jour en français, ont publié des livres de Gunter Brus, Georg Petz, Jacques Roubaud, Hanno Millesi, Martin Prinz et Villiers de l'Isle-Adam.

Bernard BANOUN est professeur de littérature allemande à l'Université Paris-Sorbonne et traducteur de Werner Kofler, Bertold Brecht, Josef Winkler, Yoko Tawada… Il a été récompensé en 2009 par le prix de traduction Gérard de Nerval pour Automne, liberté de Werner Kofler

Claro est l'auteur d'une quinzaine de livres dont les romans Livres XIX, Chair électrique et Cosmoz et les recueils d'essais Le calvier cannibale et Plonger les mains dans l'acide. Il a traduit de l'anglais certains des plus grands romanciers contemporains dont Thomas Pynchon et William T. Vollmann et co-dirige par ailleurs la collection lot 49 des ÉDITIONS DU CHERCHE-MIDI (Richard Powers, Willim Gass, Brian Evenson).

Jakuta ALIKAVAZOVIC a publié deux romans : Corps volatils (PRIX GONCOURT DU PREMIER ROMAN) et Le Londres-Louxor ainsi que des nouvelles (Le recueil Histoires contre-nature) et deux romans pour adolescents, Holmes et moi et Leçons d'equilibrisme N°1. Elle a récemment traduit de l'anglais le livre de Lila Azem Zanganeh L'EnchanteurNabokov et le bonheur.

Librairie LA CEDILLE
33 rue des Volontaires, 75015 Paris